12 févr. 2016

J'ai un secret...

Un certain jour de mai 2012, j'avais commencé un post par ces quelques mots: La vie est bien faite, les choses arrivent lorsqu'elles doivent arriver. 

J'ai envie de commencer ce post de la même façon mais de faire un petit retour en novembre. Un week-end sympa où nous avions été faire le marché de Noël, un tour de manège pour Camille, un enfant grognon qui ne voulait que les bras, des parents détendus qui buvaient leur verre de vin chaud tout en zieutant les petites merveilles de chaque chalet. Une discussion plus que sympathique au chalet du Québec. Une belle journée ensoleillée, la grande roue de la Grand Place de Lille sur un ciel parfait. La journée fut douce avec une belle sieste l'après-midi et un peu de bricolage avec l'homme devant la cheminée en fin de soirée. 



On est bien à la maison, depuis 2 mois qu'on a emménagé, les cartons se réduisent, les meubles se mettent en place et la maison devient cosy. 


Ce jour-là de novembre, j'avais déjà deux petits jours de retard. 

Pas de symptômes particuliers. Le soir, je me couche en entendant Camille parler tout seul dans sa chambre, il est déjà tard mais il a du mal à s'endormir. Il s'invente des histoires, il chante... Que je l'aime ce petit bonhomme.


Le lendemain, c'est un dimanche. Mon homme m'a laissée dormir tard, je prends un café au lait, il pleut. Plus tard dans la matinée, je me décide et prends la voiture. Je vais essayer de trouver une pharmacie ouverte et acheter un test. Je me sens bien, sereine, tranquille. En rentrant, je m'occupe de Camille, le test est posé dans un petit sac en plastique en haut dans la salle-de-bain. Camille joue dans sa chambre. Je sais que ce n'est pas le meilleur moment pour le faire, il vaudrait mieux attendre demain matin. 



Je n'ai pas envie d'attendre, je crois que je sais déjà. Comme pour la première fois. Mais je suis beaucoup plus détendue. 

Un peu d'attente encore.

Quelques secondes et je regarde.

....

....

Je vois apparaître une deuxième barre, très claire mais bien présente. Je me sens très légère mais je ne me réjouis pas tout de suite. J'ai besoin d'une confirmation.

Je suis dans les escaliers quand je montre le test à mon homme qui ouvrent des yeux très surpris par la rapidité de cette venue... Ah bon? Mais déjà? C'est sûr à 100% ? Un sourire, un câlin mais des mots précautionneux. 

La première fois, il  nous avait fallu plusieurs mois, nous attendions chaque mois avec impatience. 

Ce dimanche, nous avons continué comme d'habitude, j'ai travaillé, préparé des magrets de canard avec des paillassons de PDT. Le soir, nous avons regardé un film. Lentement, je réalise. 

Je suis donc enceinte. Pour la deuxième fois.



Le lendemain, la PDS confirmera la grossesse et j'aurai un rendez-vous de pris en décembre pour une échographie de datation. Premier rendez-vous avec mon futur bébé. 


Un bébé qui pointera son nez en août, si tout se passe au mieux et si ce coquin ne nous fait pas les mêmes frayeurs que son frère.

Un gros ventre bientôt.

Très très gros, s'il vous plaît. Je veux me plaindre de la lourdeur, je veux en avoir marre et attendre la délivrance. Bébé, sois cool, reste au chaud, restes-y jusqu'à l'été! 





L'hiver et moi, donc, ça fait deux.

Comme si j'avais fermé les yeux quelques secondes, janvier est passé a une vitesse folle. Tant mieux, ce n'est pas le mois que je préfère, encore moins depuis que nous vivons dans le nord. Les gens hibernent, nos amis sont tous affairés, le temps est maussade, le travail est prenant... Je me suis sentie un peu isolée ces dernières semaines. Un sentiment un peu diffus dans des journées bien chargées. J'ai du mal à imaginer la vie partagée comme elle l'est actuellement: le travail, la maison, les trajets, les courses. Ce quotidien ne me suffit pas. J'ai l'impression de ne l'avoir jamais vécu tant que je vivais à Taiwan. La vie n'était pas tout rose ni parfaite mais elle était ...surprenante! Oui, ce début d'année m'a donné le blues, et cette une envie irrésistible de prendre un avion, de m'envoler est bien présente... Mais ça ce n'est pas nouveau. Je suis l'éternelle râleuse quand je n'ai pas bougé de chez moi depuis plus de deux mois. J'ai besoin d'air, besoin de voir la mer, besoin de chaleur, de soleil... de choses nouvelles! J'ai pourtant de la chance, je le sais. Nous avons une vie vraiment très confortable. L'homme se démène comme un fou. Il aura 35 ans cette année et je crois qu'il a besoin de sentir une certaine consécration professionnelle, il souffre un peu depuis quelques mois. Il se passe des choses, nous retenons notre souffle. En attendant, je suis patiente mais je boue. 

Alors, accommodons-nous des petites choses magiques du quotidien. 

- Une nouvelle série sur Netflix qui m'a scotchée à l'écran: Rectify
- Ma mère qui passe quelques jours avec nous dans le nord.
- Camille qui redevient un chouette petit bonhomme dès que l'école est finie, merci les vacances, le repos.
- Un ami de Hong Kong qui passe le week-end chez nous et qui nous sort, restaurant et soirées.
- Les vacances après 5 petites semaines de travail.
- Revoir les copains de la crèche lors d'une petite fête à RCLV. 
- Une soirée resto-ciné en amoureux.

Dans quelques mois, cela fera 3 ans que nous sommes rentrés au pays, un retour voulu et bienvenu. Un retour réconfortant et qui nous a propulsés vers de nouveaux horizons professionnels. Mais toujours cette impression d'être en transition, comme si la France n'était pas notre endroit. Comme si nous n'avions pas encore trouvé le coin qui nous donne envie de vraiment nous poser. On vit les choses sereinement mais les regards et les paroles échangées entre lui et moi ne trompent pas. 

Ce post semble morose mais moi je le suis beaucoup moins dès que les mots touchent le papier, dès que les doigts frôlent le clavier.

Bientôt...